Sagrada Familia

Ou comment l’élan mystique d’un créateur d’exception emporte tout un peuple

Une cathédrale de 95 m de long et 60 m de large, surmontée d’une flèche de 170 m et de 17 autres de plus de 100 m… Tel est le rêve spirituel, fou mais bien concret, du jeune architecte de 31 ans Antoni Gaudí.

Pieux jusqu’à l’exaltation, le Catalan conçoit ce temple expiatoire dédié à la Sainte Famille comme un poème mystique truffé de symboles  : douze tours pour autant d’apôtres, trois façades consacrées à la Nativité, à la Passion, à la Résurrection, un porche à trois portails pour la Foi, l’Espoir, la Charité, des décors floraux sculptés (épines, blé, palmier, olivier, rosier…), un bestiaire sacré (lion, agneau, salamandre…). Plans, détails invisibles (dont il disait  : «  Les anges les verront  »), solutions techniques hardies occupent Gaudí jusqu’à sa mort, en 1925. La construction, financée par l’aumône, se poursuivra jusqu’en 2030.

Avec 2 millions de visiteurs par an, classé au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, c’est le monument le plus visité d’Espagne.